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Diapason : Janvier 2026 - Franz - 4 diapasons
Les Zaïde nous représentent Schubert au mirroir du Quatuor D. 810 (1824) et de sa “dualité permanente entre lumière et ténèbres, entre douceur et noirceur, entre vie et mort”. Ces contrastes fondamentaux s’imposent dès l’exorde : au fatidique appel qui ouvre l’œuvre répond une plainte que les musiciennes suspendent dans un quasi morendo.
Tout l’ Allegro se décline en strophes auquel le violon de Charlotte Maclet insuffle une expressivité parfois exacerbée, dans l’esprit de la ballade gothique des Takacs (hyperion, 2006).
Les tensions s’amoindrissent quelque peu dans cet enchaînement de récitatifs.
Le geste séquentiel mais toujours investi des interprètes, renonce aux césures trop marquées et fluidifie la conduite des variations de l’ Andante.
Le choral introductif, ainsi chanté d’une voix blanche, provoque un certain trouble : nous voici en sol mineur la tonalité du roi des Aulnes – ici présenté dans un arrangement haletant d’Éric Mouret.
Sous les coups d’archets plein d’âpreté, les pizzicatos du violoncelle qui ponctuent la cauchemardesque chevauchée nous ramène à la première variation du mouvement lent.
Juliette Salmona apporte ensuite son lyrisme et sa chaleur à l’air détaché de l’ opera fierrabras, composé 1 an avant le quatuor : cette sérenade émue semble se prolonger dans la partie centrale du scherzo.
Les Juillard aux Modigliani en passant par les Berg maintes versions confèrent au final un caractère inéluctable. Sans laisser traîner les tempos, les Zaïde prennent le contrepied de ces lectures intransigeantes. Les timbres assument leur pluralité, les lignes se déploient avec une pointe d’hédonisme. Pour séduire leurs victimes, certains spectres savent prendre des dehors souriants…
Marc Lesage
Gramophone : "SCHUBERT Death and the Maiden. Songs"

The Zaïde Quartet are risk-takers, as Richard Bratby pointed out nearly a decade ago in his review of their recording of Haydn’s Op 50 (3/16). And one only has to listen to the opening minute of Schubert’s Death and the Maiden Quartet on the ensemble’s latest release to get a taste of their penchant for taking chances. The silences are dramatically distended, and they treat the tempo quite freely, although Schubert’s tempo marking is merely Allegro. After the fermata in the 14th bar, however, the foursome gallop off on a steadier if seemingly desperate chase.

I believe the drama might have been heightened even further had the Zaïde paid more consistent attention to dynamic contrasts. The second theme, for example, is hardly pianissimo (at 1’38”), as marked. When they do observe the markings – which they do more often than not – the effect is gripping. Note, for instance, how eventful the first movement’s development section is in their hands (listen starting at 4’47”). And I love the songlike lyricism they carry through the Andante con moto theme and variations; even the rhythmically single-minded third variation sings (try at 6’48”). The movement builds in intensity, and the climax (around 12’08”) is wild and not at all prettified.

Other highlights are the Trio of the Scherzo movement, which appears here as a respite from the storm, and their sensitive handling of the finale. I’m especially grateful for the way they handle the sforzando accents in the second theme group (at 2’23”), making them gentle (the music is still marked piano here, after all), so they’re more like internal spasms than overt, stabbing gestures.

The album begins with Eric Mouret’s effective arrangement of ‘Erlkönig’ and concludes with his adaptation of a bleakly beautiful aria from the rarely heard opera Fierrabras. An unusually thought-provoking programme, all told.

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